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CELINE DUMERC

26 septembre 2013 - 17:17

Céline Dumerc n'a jamais considéré qu'elle avait du talent et a toujours privilégié le plaisir

 

Tous les jeudis, Sport365 part à la rencontre d'une personnalité du sport. Histoire de pousser un peu plus la conversation... Aujourd'hui, Céline Dumerc. « Caps », vice-championne olympique à Londres, championne d'Europe 2009 et médaillée d'argent en 2013 avec les Bleues, nous parle de sa carrière et évoque son envie d'être de la partie à Rio en 2016.

Céline Dumerc, vous découvrez le basket toute jeune. A 9 ans, vous êtes inscrite au club de Laloubère, à côté du domicile familial, entraînement le mercredi et match le samedi. Qu’est-ce qui vous a plu dans ce sport ? Le fait de venir se dépenser, de retrouver ses copines pour s’amuser avec un ballon. Le match le samedi, ça m’a tout de suite plu, j’ai tout de suite aimé l’ambiance qu’il pouvait y avoir dans ce sport.

Vous dites avoir hésité avec le tennis mais, avec le recul, vous pensez que vous n’auriez pas été assez forte sur le plan mental pour pratiquer un sport individuel. Un sport collectif, c’était une obligation pour vous ?  Oui, je pense vraiment. Je me suis retrouvée à faire du tennis parce que j’étais chez mes grands-parents. J’en faisais avec mon cousin, avec qui je m’amusais bien. Mais je pense que, avec du recul, ce que j’aime c’est le partage avec les coéquipières, le fait de construire un projet ensemble, de travailler ensemble et de partager tous ces moments.

La danse, le sport de prédilection des petites filles, ce n’était donc pas pour vous…Non. Moi, j’aimais bien grimper dans les arbres, j’avais des bleus partout sur les jambes. La petite jupe n’était pas ma tenue vestimentaire préférée. J’étais un peu garçon manqué, un peu casse-cou.

A 10 ans, vous remportez le Panier d’or. Une première distinction qui vous surprend car vous n’avez pas la sensation d’avoir un quelconque talent. Ce manque de confiance en soi, c’est quelque chose qui semble vous poursuivre tout au long de votre carrière…Ça a été un peu le fil conducteur de ma carrière mais c’est ce qui m’a donné envie de travailler à l’entraînement, c’est ce qui m’a poussé à essayer de progresser. Je considérais que je n’avais pas beaucoup de talent à la base alors je passais du temps à m’entraîner plus afin d’essayer d’être meilleure. C’est pour ça aussi que j’ai cette mentalité. Je me dis que l’on n’y arrive pas si on ne travaille pas. Maintenant, ça va beaucoup mieux. J’ai acquis de l’expérience, j’ai fait des choses positives. Je ne suis pas tout le temps en train de voir le côté négatif et de m’auto-flageller. J’ai bien avancé par rapport à ça.

Pourtant, votre entourage est unanime et vous répète que vous avez du talent. Mais vous semblez ne pas les écouter ou ne pas les entendre.
La notion de talent est quelque chose de très particulier, quelque chose de très subjectif. Moi, je ne crois que ce que je vois. Le talent, je ressens que je ne l’ai pas parce que ce que l’on me demande de faire en général - que ce soit des mouvements techniques ou tout autre chose - je vais y arriver mais avec du temps. Pour moi, le talent ce n’est pas quelque chose d’acquis, ce n’est pas ce qui te permet de performer. Je sais que j’ai des qualités, des qualités athlétiques, physiques, que j’ai beaucoup d’énergie. Ça, c’est quelque chose d’inné, même si je travaille encore au quotidien, mais je ne me mets pas dans la catégorie talent.

« Bourges, ça a été le tremplin » 

Vous allez passer par la case INSEP. Vous y rencontrez Tony Parker. Tous les deux, vous vous étiez dit que vous iriez aux JO ensemble. C’est vrai ? Vous avez toujours gardé contact ?  Tony je l’ai rencontré à l’INSEP. Il m’impressionnait par sa volonté de réussir, sa volonté d’aller en NBA et d’y performer. C’était déjà un garçon très, très ambitieux alors que moi, pas du tout. Moi, je vois uniquement le lendemain et encore ! C’est plus au jour le jour. Je ne me projetais pas comme ça dans le futur. Mais il nous est quand même arrivé de nous dire que l’on irait aux Jeux ensemble. On a toujours gardé contact. Quand il est parti en NBA, j’ai hésité à l’appeler mais dès que nous avons eu l’occasion de nous retrouver, c’est comme si on ne s’était jamais quittés. On s’envoie régulièrement des messages et, quand l’opportunité se présente, on essaye de se voir et de passer un petit moment ensemble. Tony, c’est quelqu’un qui n’oublie pas d’où il vient, qui n’oublie pas par où il est passé. Ça, c’est super parce qu’avec tout le succès qu’il a, il aurait très bien pu faire le tri. Mais pas du tout. Le fait d’avoir vécu l’INSEP ensemble, ça a créé des liens, ce sont des moments que tu n’oublies pas.

Autre personnage important dans votre carrière, Pascal Pisan. Il était cotre coach à l’INSEP et a su déceler en vous de fortes prédispositions à être leader.  Pascal, c’est lui qui m’a inculqué ce rôle de leader. Moi je n’y croyais pas. Il m’avait dit un jour : « Toi, tu seras capitaine ! » Il m’a mis cette idée en tête et ça a mûri. C’est lui qui m’a fait grandir de ce côté-là. Il m’a beaucoup apporté du point de vue de la confiance. C’est lui qui m’a drivé dans le bon sens. Il m’a amené à avoir suffisamment confiance en moi - rien à voir avec la grosse tête ou quoi que ce soit de ce genre - et à me faire prendre des responsabilités en me faisant croire que c’était aussi mon rôle.

Vos débuts professionnels, c’est à Tarbes que ça va se passer, le club dans lequel a évolué votre mère.  Après trois ans passés à l’INSEP, rentrer à la maison pour commencer sa carrière pro, c’était l’idéal. J’étais près de ma famille, dans un cadre que je connaissais déjà. Je faisais, en parallèle, des études de STAPS (ndlr : sciences et techniques des activités physiques et sportives) mais le basket me prenait beaucoup de temps. J’étais très concentrée sur mon sport et ça s’est fait tout seul. J’aimais trop ça pour ne pas aller à l’entraînement avec beaucoup de plaisir, même deux fois par jour. Il y a eu vraiment une transition totalement naturelle, j’en ai presque oublié que je devenais professionnelle.

Puis ce sera Bourges, l’occasion, dites-vous, de vous retrouver face à vous-même dans une équipe de standing supérieur.  Ça a été le tremplin. A l’époque, Bourges était une équipe qui raflait tout, qui était au top, que ce soit au niveau français ou au niveau européen. Moi, je me disais : « Tu vas à Bourges quand tu es vraiment accomplie, en fin de carrière, vers 27-28 ans » alors quand on me contacte, j’ai 21 ans et je me dis que je ne suis pas prête, je me demande si j’ai les épaules pour driver une équipe comme ça, surtout à mon poste.

« En Russie, j’avais beau être extrêmement bien payée, je ne m’éclatais pas sur le terrain » 

Qu’est-ce qui vous a poussé à accepter ? Il n’y avait pas meilleur timing. C’était la fin d’une époque. Certaines anciennes, comme Yannick Souvré, arrêtaient, d’autres, comme Cathy Melain, partaient à l’étranger. Le grand entraîneur, Kapranov, arrêtait lui aussi. On sentait que Bourges allait écrire une nouvelle page de son histoire. J’ai pensé que ce serait pas mal d’écrire le chapitre dès le début, que j’aurais beaucoup moins de pression. Quand on reconstruit quelque chose, on passe par une phase où on ne peut pas gagner tout de suite. Du coup, ça m’a enlevé la pression que je pouvais me mettre par rapport au standing de cette équipe. C’était un joli tremplin pour passer à autre chose après mes trois premières années en pro.

Puis il y aura la Russie, Ekaterinbourg. Vous allez y rester deux saisons mais l’expérience ne sera pas forcément à la hauteur de vos espérances. C’était différent. En France, tu es à la maison, comme chez toi, et puis tu te retrouves à l’étranger, en Russie, dans une équipe remplie de stars. J’étais curieuse de voir. Je suis partie aussi parce que j’avais envie de gagner la Coupe d’Europe, parce qu’il y a avait beaucoup d’argent à la clef. Mais j’avais déjà des a priori quant à ce mode de fonctionnement. Le fait d’y aller m’a confortée dans l’idée qu’il ne suffit pas d’avoir des grands noms les uns à côté des autres pour avoir une belle équipe. A un moment donné, il faut aller à l’entraînement, il faut travailler pour essayer de performer.

C’était une déception ? Non. Je ne peux pas dire que cette expérience était négative, loin de là. C’était enrichissant. Tu vois des choses différentes. Moi, j’ai des idées très arrêtées et là, tu es obligée d’ouvrir ton esprit. C’est juste que ça ne me correspondait pas. Moi qui ai toujours tendance à me dénigrer, à ne pas véritablement voir mon vrai niveau, être entourée de filles qui savent, qui pensent qu’elles sont les meilleures, c’est autre chose. Ça ne me convenait pas mais ça convient à d’autres. Tout n’est pas noir là-bas, au contraire. Il y a des choses très, très positives dans ces clubs Moi, je ne m’y suis pas retrouvée, ce n’est pas ma façon de fonctionner, mon état d’esprit. Ce n’est pas là où je me suis le plus éclatée. J’ai décidé de ne pas y rester parce qu’il ne me restait pas beaucoup d’années à jouer au basket et pour moi, le basket c’est mon métier mais ça reste avant tout une passion. C’était lourd à la fin parce que je ne prenais pas de plaisir. Au bout de deux ans, ça tirait un peu.

Pour vous, le basket c’est le plaisir avant tout. Complètement. J’avais beau être extrêmement bien payée, je ne m’éclatais pas sur le terrain alors ça ne servait à rien. L’argent ne fait pas le bonheur. Il y contribue certainement mais, dans ma vie actuelle, en tant que basketteuse, je me dis que je n’ai pas beaucoup d’années pour vivre cette passion. Je n’ai pas envie de perdre du temps à avoir un compte en banque plein mais à ne pas m’amuser sur le terrain.

« Porter le maillot de l’équipe de France, c’est incroyable »

C’est à Bourges que vous allez de nouveau atterrir. L’amour du maillot et du collectif c’est quelque chose qui vaut tous les gros chèques du monde pour vous ? C’était clair et net. Au bout de la deuxième année en Russie, je savais que je ne voulais pas y rester. J’avais envie de revenir sur Bourges, dans ce club avec lequel j’avais vécu des moments incroyables et qui proposait aussi un basket de haut niveau. C’était une évidence pour moi. J’étais malgré tout inquiète parce que je me demandais si les dirigeants de Bourges voulaient de moi encore. Dès que j’ai su qu’ils étaient intéressés par mon retour, j’ai sauté sur l’occasion et j’ai signé un contrat de longue durée, ce qui se faisait très rarement dans le basket féminin. J’ai signé pour cinq ans en me disant que si je rentrais à la maison, c’était pour finir ma carrière là, pas pour revenir et repartir.

Votre parcours passe par l’équipe de France. Il y aura une médaille de bronze au Mondial des - de 21 ans et une première cape en équipe de France en août 2003. Vos coéquipières d’alors, championnes d’Europe en 2001, ont les faveurs d’Alain Jardel le sélectionneur. Comment fait-on pour trouver sa place ? Il faut prendre le temps, il ne faut pas vouloir se montrer tout de suite. Il faut essayer de se fondre dans la masse, répondre le plus possible aux attentes de l’entraîneur et essayer de comprendre ce qui est demandé. Sortir de l’équipe de France jeune et arriver comme ça face à des filles qui ont de l’expérience, qui sont plus âgées... Il faut avoir un grand sens de l’écoute et essayer d’appliquer au maximum les consignes qui nous sont données.

L’intégration a-t-elle été difficile ?  Ça se fait naturellement même si ça n’a pas toujours été facile au début parce que le groupe était déjà formé, parce que l’entraîneur avait des attentes bien précises, des idées assez arrêtées. C’est une grande fierté de porter ce maillot. J’avais eu l’occasion de porter celui des jeunes. C’était déjà incroyable. Mais celui de senior, c’est particulier.

Vous allez vivre deux Euro (2005, 2007), un Championnat du monde (2006), tous conclus par une défaite en quarts. Puis il y aura l’Euro en 2009 avec Pierre Vincent, votre ancien coach de Bourges. Comment avez-vous vécu cette situation particulière ? C’était très facile. Pierre est un entraîneur qui facilite l’échange, qui fait attention à impliquer tout le monde et qui laisse, mine de rien, une grande autonomie aux joueuses, qui les incite à gérer les situations par elles-mêmes tout en sachant que c’est quand même lui qui tire les ficelles. Le fait de l’avoir côtoyé à Bourges était très intéressant. C’est lui qui m’a vraiment formé à mon poste de jeu. Il m’a beaucoup appris. Du coup, pour moi, la transition avec l’équipe de France s’est faite tout naturellement. Pierre, c’est quelqu’un qui ne te met pas de pression, qui est à très à l’écoute et qui essaye de te driver pour tirer le meilleur de toi-même. J’avais une confiance en lui énorme et il aurait pu m’emmener au bout du monde que je l’aurais suivi les yeux fermés. Sous sa direction, j’ai vécu des années superbes. J’ai eu l’impression que, non seulement, il avait réussi à tirer le meilleur de moi mais aussi le meilleur des équipes qu’il a coachées et ça, ce n’est pas donné à tout le monde. Je pense que l’on a eu de bons résultats grâce à lui et on lui doit beaucoup.

« On avait 1% de chance de remporter la finale des Jeux Olympiques »

Avec lui, vous allez devenir championnes d’Europe en 2009. C’était complètement inespéré. On était en reconstruction. Pierre avait repris l’équipe en 2008 après un échec au Championnat d’Europe en 2007 et une non-qualification pour les Jeux Olympiques (ndlr : Pékin 2008). On repartait plus ou moins de zéro. Il avait pris un groupe France très, très élargi. On arrivait sans savoir où était notre place et on arrive à décrocher ce titre de championnes d’Europe. Ça a été une compétition incroyable. On a fait plein de hold-up. On a vraiment construit la belle histoire à partir de ce moment-là.

Puis il y aura les Jeux Olympiques de Londres. Cette expérience semble avoir été une sorte de révélateur sur le plan personnel. Avez-vous abordé cette compétition avec une légèreté que vous ne vous connaissiez pas forcément ? La compétition de basket des Jeux Olympiques, en soi, ce n’est pas ça qui m’animait, c’était le fait d’aller aux Jeux, d’y participer avec tous ces sportifs qui était vraiment pour moi un rêve. La compétition en elle-même, ça relève d’un Championnat du monde, de choses auxquelles j’avais déjà eu l’occasion de participer. Mais le fait d’être à Londres, d’être dans le village olympique, d’être entourée de tous ces athlètes, c’était Disneyland, quelque chose de magique. Je ne m’étais mis aucune pression par rapport aux matchs, par rapport à ma performance. Du coup, j’ai abordé les matchs avec beaucoup de légèreté, sans forcément avoir en tête l’idée qu’il fallait gagner, qu’il fallait qu’on fasse un résultat. Le coach était plus dans cette optique mais nous, pas trop, ce qui l’avait légèrement énervé d’ailleurs lors d’une réunion. Mais il nous a laissé beaucoup de liberté. Il aurait très bien pu avoir peur de notre légèreté dans notre manière d’aborder les matchs, mais non, il nous a fait confiance. Nous, on a su répondre présent, on a été là et on a fait de très belles performances. Ça a sûrement été ma meilleure compétition à titre personnel et c’est assez paradoxal parce que c’est là où j’avais le moins de pression et où je m’étais mis le moins de barrières.

Très vite, les « Braqueuses » vont embarquer tout le monde dans leur sillage, vous particulièrement. On vous découvre hargneuse, ultra-combative, une meneuse de troupe extraordinaire. Ces qualités sont pourtant les vôtres depuis le début de votre carrière. Cette reconnaissance tardive n’est-elle pas frustrante à vivre ? Il faut toujours se replacer dans le contexte. On n’a pas toujours eu l’occasion d’être médiatisées. A Londres, on parle de nous et certains nous découvre. Effectivement, j’avais déjà réussi à faire de bonnes performances mais quand même pas à ce niveau-là. Je comprends que les gens aient pu découvrir qui j’étais et découvrir le basket féminin à ce moment-là. Il ne faut pas prendre le côté frustrant, pas du tout. Au contraire même, c’était une belle occasion. Il faut prendre ce qui est à prendre. On avait l’occasion de parler du basket français, du basket féminin. A aucun moment je ne me suis dit que j’étais quelqu’un avant. Je sais que ce que j’ai fait aux Jeux était assez incroyable et moi-même je me suis surprise.

Ce sera l’argent après une défaite face aux Etats-Unis en finale. Première médaille olympique pour le basket féminin français. Vous parlez malgré tout d’un léger sentiment de frustration à l’idée, peut-être, d’avoir moins joué ce match face aux USA que les autres.Je pense qu’il y avait à peu près 1% de chance de gagner ce match-là et je pense qu’on avait toutes ça en tête. On était déjà tellement heureuses d’avoir une médaille olympique. On savait qu’il était quasi assuré que ce soit l’argent et pas l’or. Du coup, on a eu tendance à prendre le match un peu trop à la légère. Quand on voit comment les Etats-Unis ont appréhendé la rencontre, tu te dis que c’est dommage parce que nous, on n’a pas su répondre présent, on n’a pas su prendre ce match suffisamment au sérieux pour essayer de lutter un peu plus longtemps. C’était le petit regret mais je sais aussi que moi, personnellement, j’étais au bout du bout, j’étais crevée. Avant de jouer les JO, on avait joué la qualification donc on avait plein de matchs dans les jambes. Même si on avait pris ce match mentalement un peu plus au sérieux, je pense que physiquement, on aurait explosé. Il aurait juste fallu batailler un peu plus longtemps même si je ne pense pas que le résultat aurait été différent. Et puis, c’était déjà tellement magique d’être là que l’on ne s’en ait pas voulu longtemps.

« L’Euro 2009, un résultat dur à digérer »

Vous allez enchaîner l’Euro 2013 disputé en France. L’équipe est différente de celle de Londres et vous vous retrouvez dans le rôle de l’ancienne avec des nouvelles à intégrer. Est-ce que vous avez pensé à ce moment où vous aussi étiez novice en équipe de France lorsqu’il a fallu intégrer les nouvelles ? C’est rigolo car j’y ai beaucoup pensé cette année. Moi j’ai l’impression que c’était hier que j’étais une nouvelle et je me souviens de la sensation que j’avais vis à vis des anciennes. Là, je me retrouve dans la peau d’une ancienne. J’ai essayé de faire attention à ne pas créer un décalage entre anciennes et nouvelles. Je pense que l’entraîneur aussi a fait son boulot. Contrairement à mes débuts, Pierre Vincent a été très clair par rapport à ça : depuis toujours, c’est l’équipe de France la star, pas les anciennes, pas les plus capées. C’est toute l’équipe qui va performer, qui va avoir des résultats. Les plus jeunes et les anciennes sont considérées de la même manière. C’est très important pour que tout le groupe marche et que l’on avance dans le même sens. Je pense que l’intégration s’est faite tout à fait naturellement et que les filles l’ont très bien vécue. Ça a été un plus pour être performantes tout de suite. Après Londres, on a perdu cinq joueuses sur douze. Ce n’était pas facile mais, en même temps, on n’a pas du tout senti de coup de moins bien, d’absences qui pouvaient déséquilibrer l’équipe et ça, c’était très important.

Vous avez pu constater que l’effet « Londres 2012 » n’avait pas disparu, les salles étaient pleines, le public présent…On était ravies de jouer en France. C’est quelque chose qui nous porte. Jouer dans des salles pleines, voir que les gens viennent pour nous encourager, ça a été des moments très, très forts. Le résultat a été très dur à digérer mais bon (ndlr : défaite en finale face à l’Espagne). C’était une médaille mais pas celle que l’on voulait et Dieu sait pourtant que je n’ai pas tendance à viser trop haut. Je n’ai jamais tendance à dire : « On doit gagner, on peut gagner, on va gagner. » Non. Moi je suis toujours assez terre à terre, je dis toujours : « Prenons les matchs les uns après les autres et on verra jusqu’où ça nous mène. » Mais ce titre-là, on le voulait, il était quasiment pour nous. Sauf que nous sommes tombées face à une équipe d’Espagne qui voulait cette médaille autant que nous et qui a fait un meilleur match sur cette finale. On ne passe pas complètement à côté mais il nous manque un petit truc qui fait que l’on a pas su contrôler ces Espagnoles. C’était très décevant mais il y a quand même des choses positives à tirer de cette compétition : on a répondu présent malgré toute la pression qui pesait sur nous. On aurait pu s’émousser mais on a su être là.

 

Vous avez signé à Bourges jusqu’en 2016. L’après, vous dites ne pas y penser. Une question pour la fin : quand vous étiez à Londres, vous disiez que rien que d’y penser, ça vous rendait heureuse et que vous alliez demander au président de Bourges d’installer des anneaux au Prado. Avez-vous eu gain de cause ou vous faudra-t-il attendre Rio pour retrouver cette sensation ? C’est vrai que le « prési » a vraiment mis le drapeau des Jeux et c’était assez rigolo qu’il ait osé le faire. Pour la suite, on verra bien. Je prends toujours autant de plaisir. Juste avant Londres, j’ai eu 30 ans. 30 ans dans la vie de tout le monde, ce n’est pas évident, chez une femme encore plus. Tu as tendance à te poser beaucoup de questions quant à la suite de ta vie, de ta carrière. Mais le fait d’avoir performé comme ça m’a fait me dire que j’avais encore un peu de temps à pouvoir m’éclater avec mes copines sur un terrain de basket. Ça m’a redonné un petit élan de confiance par rapport à ce que je pouvais apporter dans mon sport. J’ai toujours autant de plaisir à revenir dans les salles de basket et j’espère que j’aurai encore le niveau pour aller, peut-être, à Rio et essayer de revivre une expérience olympique.

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